
L’eau du fleuve court et court sans cesse.
Chaque seconde compte, le temps presse.
Sans s’arrêter, sans se retourner, l’eau du fleuve court et court sans cesse.
C’est l’image même de la vie, on se rue vers une destinée tout inconnue. De tel sorte que notre vie ressemble bizarrement à ces cours d’eau.
On ne sait pas où on va, on ignore d’où on vient. On est tout simplement pris par ces torrents de vagues qui nous entraîneront, avec ou sans notre consentement vers l’abîme, la mer.
La vie est long voyage, riche pour ses rencontres, ses souvenirs, ses adieux. Chaque voyage est une aventure. A travers les miens, je me suis faite beaucoup d’amis.
J’ai surtout perdu un visage, le plus chère à mes yeux. Toi.
Mon corps est dans ce bus mais mon esprit est ailleurs.
J’essayais de me remémorer ton visage. La couleur de tes yeux, l’insolence de ton front, la saveur de tes lèvres.
Mes souvenirs oeuvraient à reconstituer ton image.
A peine ai-je réussi que tu disparais comme un mirage.
Comme si ton existence dans ma vie n’avait été qu’un rêve. Rêve.
La vie même est un rêve, au réveil elle s’achève.
La vie est un passage, un bref voyage. Que nous homme sur terre nous nous acheminons vers le futur, le ténèbre, l’inexistence totale, la mer.
« Le battement du cœur est un appel à la mort ».
Un cœur qui battait pour toi. Mon amour pour toi m’attire vers la mort, l’illusion, le monde des rêves.
Il est vital de dormir pour vivre un rêve.
Que dois-t-on faire alors pour que le rêve dure.
Dormir pour de bon, pour toujours. De peur qu’il s’achève, que le rêve s’achève.
Alors que toi, tu dois te réveiller, moi aussi.
Si seulement on pouvait ne pas se réveiller.
Nous ne pouvons pas encore y accéder le paradis.
Il est vital de mourir pour connaître le paradis.
Tandis que nous ne connaissons que la naissance. Naissance.
Tu n’es pour moi, je ne suis pas née pour être tienne.
Il y a toujours un truc. Nos deux pays sont si loin l’un de l’autre.
La ville des Milles, capitale de Madagascar.
Dans ce bus, je vois milles piétons se diriger vers l’abîme, milles voitures se véhiculer vers le néant. Mes milles regrets se ruent vers le remords. Mes lèvres ont gardé la saveur des tiens. Le destin est payé pour être particulièrement amère, un avant goût de l’enfer. Pour que nous homme sur terre puissent vouloir le paradis. La vie doit être dure ponctué de malheur, gorgée de souvenir, anéantie par un au revoir, marquée par un désespoir, désillusion, le réveil. Le réveil que je déteste, le réveil qui anéantira mon rêve.
Si seulement la vie était autrement.
L’eau du fleuve court et court sans cesse. Chaque secondes compte le temps presse. Sans s’arrêter sans se retourner l’eau du fleuve court et court sans cesse.